Jean-Louis Janin-Daviet : pour tout l’art du monde

Jean-Louis Janin-Daviet, chargé de conservation de l’hôtel abbatial de Lunéville dirige la Galerie des Rohan à Strasbourg
Jean-Louis Janin-Daviet, chargé de conservation de l’hôtel abbatial de Lunéville dirige la Galerie
des Rohan à Strasbourg, inaugurée en novembre 2022, qui met en vente l’extraordinaire collection du
gynécologue Henry Bretz décédé en 2021. Avec la volonté de faire cohabiter le XVIIIe siècle avec le XXIe.

 

L’hôtel abbatial est en effervescence. On
range l’exposition « La cavalerie dans
tous ses états », 10.000 visiteurs, pour la remplacer
par « Fantaisies pour un palais », visible
jusqu’en septembre 2023. L’équipe frotte,
nettoie, installe, retouche le tombé d’une
étoffe… « On envahit les trois salles du bas et
il y a un complément d’exposition au 1er. »
Une expo avec le Centre des monuments nationaux
et le souhait de garder l’ambiance
d’une maison habitée.
Finalement, elle n’est pas si loin la première
exposition dans ce lieu hors du temps. 2016,
Jean-Louis Janin-Daviet, actuel chargé de
conservation de l’hôtel abbatial, investit
1.000 m². Un bonheur. Chargé des Affaires
culturelles de Lunéville à l’époque, il avait eu
« la volonté de créer un nouvel espace muséographique.
En 2019, nous avons ouvert la
totalité de ce musée », se souvient-il dans son
bureau, entouré de beaux objets.
Depuis peu, Jean-Louis Janin-Daviet est
également devenu aussi directeur, « à mitemps
», précise-t-il, de la Galerie des Rohan

à Strasbourg inaugurée en novembre 2022 et
posée au bord de l’Ill, à un jet du Palais Rohan,
la flèche de la cathédrale en ligne de
mire. Une galerie spécialisée dans « le XVIIIe
et XIXe siècle français ». Une galerie ? Plutôt
« une maison de 60 m² », précise Jean-Louis
Janin-Daviet.

« Si je sais que mon objet ne
va pas être heureux, je n’ai pas envie de le
vendre. Il faut qu’il y ait une envie de l’aimer
pour l’acquérir. Je souhaite que ce soit des
gens passionnés qui achètent ».

Une galerie
insérée « dans le monde moderne » avec un
site internet, un compte Facebook et Instagram.
Un bureau Mazarin en marqueterie Boulle

a été cédé à des passionnées ainsi que le portrait
de Sir Thomas Lipton, devenu propriété
du groupe Lipton.
Les objets mis en vente sont issus de l’exceptionnelle
collection d’Henry Bretz, gynécologue
strasbourgeois décédé en mai 2021
et ami de Jean-Louis Janin-Daviet. Un passionné
Souvent,
ils envisageaient d’ouvrir un magasin. La galerie
a vu le jour « après sa mort » et après
« un inventaire monumental et un tri ». Des
centaines d’objets d’exception, choisis avec
soin. Une passion « dans le prolongement de
ses parents qui étaient antiquaires. C’est une
galerie de mémoire. ». Et aussi un prestataire
de plusieurs musées et d’expositions.
L’optique ce lieu hors du temps est de « mettre le XVIIIe et le XIXe siècle à la portée des
contemporains. Je suis persuadé que, même
dans un petit appartement, ce qui a été fait
avant est réutilisable, que ces meubles peuvent
devenir des meubles d’utilisation du
XXIe siècle. »
Bien sûr, mobilier et objets mis en vente,
sont tous « en parfait état. Le mobilier a besoin
qu’on prenne soin de lui ». Alors,
« 21 jeunes artisans, tous Lorrains ou Alsaciens
» se sont penchés au chevet de ces pièces.
Jean-Louis Janin-Daviet, en parlant, a
des étoiles dans les yeux : « Je suis né dans
l’art. Mon premier cadeau a été une pièce de
Saint-Clément », se souvient-il. « C’est inscrit
dans mes gènes. J’ai eu des parents cultivés et
j’ai été élevé comme un enfant du début du
XXe siècle. J’ai passé mon enfance entre la
lecture, l’écriture, la peinture, le dessin… »
La mise en scène des objets est aussi une autre
de ses passions. « Mon plaisir à la galerie,
c’est d’expliquer l’objet, l’histoire de l’objet.
Les objets ont une âme. »

Frédéric PLANCARD

Source presse

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